Une sorcière comme les autres*


« S’il vous plaît
Regardez-moi je suis vraie
Je vous prie
Ne m’inventez pas
Vous l’avez tant fait déjà… »


*Paroles de la chanson d’Anne Sylvestre, particulièrement inspirée et inspirante !

J'ai eu envie de chanter une chanson qui pourrait faire écho aux récentes décisions prises par nos voisins républicains. Une chanson d'espoir, de ralliement, au nom de la soeur, de l'inconnue, de la mère, de la moche, de la belle, de la fille de brume ou de plein ciel.Qu'on nous adore, autrement qu'à genoux.Qu'on nous regarde et qu'on ne nous invente plus.Qu'on ne soit plus celle qui attend, et qu'on nous laisse marcher devant.Mais vous n'avez pas à vous inquiéter, vous ne serez pas noyés.Un MERCI monumental à Nathalie Doummar et Yves Morin pour votre implication et votre talent.MERCI à Jules Cloutier Lacerte pour l'image, et à Xavier Madore pour l'enregistrement, le mixage, et l'édition vidéo.MERCI à Benoît Dagenais, directeur du Conservatoire d'art dramatique de Montréal, pour le local.MERCI à la grandiose Anne Sylvestre pour ses mots tout aussi grandioses. Et merci à Shanelle Guérin, pour tout.Je lance ça en l'air, mais il me semble que ça serait pas mal de voir et d'entendre plein de femmes de tous horizons chanter cette chanson. Je pense qu'elle ne sera jamais trop chantée.**Il s'agit d'une version tirée de l'oeuvre de Anne Sylvestre.Voici ici les paroles intégrales:S'il vous plaît Soyez comme le duvet Soyez comme la plume d'oie Des oreillers d'autrefois J'aimerais Ne pas être portefaix S'il vous plaîtFaites-vous léger Moi je ne peux plus bouger Je vous ai porté vivant Je vous ai porté enfant Dieu comme vous étiez lourd Pesant votre poids d'amour Je vous ai porté encore A l'heure de votre mort Je vous ai porté des fleurs Vous ai morcelé mon coeur Quand vous jouiez à la guerre Moi je gardais la maison J'ai usé de mes prières Les barreaux de vos prisons Quand vous mouriez sous les bombes Je vous cherchais en hurlant Me voilà comme une tombe Et tout le malheur dedans Ce n'est que moi C'est elle ou moi Celle qui parle Ou qui se tait Celle qui pleure Ou qui est gaie C'est Jeanne d'Arc Ou bien Margot Fille de vague Ou de ruisseau C'est mon coeur Ou bien le leur Et c'est la soeur Ou l'inconnue Celle qui n'est Jamais venue Celle qui est Venue trop tard Fille de rêve Ou de hasard Et c'est ma mère Ou la vôtre Une sorcière Comme les autres Il vous faut Être comme le ruisseau Comme l'eau claire de l'étang Qui reflète et qui attend S'il vous plaît Regardez-moi je suis vraie Je vous prie Ne m'inventez pas Vous l'avez tant fait déjà Vous m'avez aimée servante M'avez voulue ignorante Forte vous me combattiez Faible vous me méprisiez Vous m'avez aimée putain Et couverte de satin Vous m'avez faite statue Et toujours je me suis tue Quand j'étais vieille et trop laide Vous me jetiez au rebut Vous me refusiez votre aide Quand je ne vous servais plus Quand j'étais belle et soumise Vous m'adoriez à genoux Me voilà comme une église Toute la honte dessous Ce n'est que moi C'est elle ou moi Celle qui aime Ou n'aime pas Celle qui règne Ou qui se bat C'est Joséphine Ou la Dupont Fille de nacre Ou de coton C'est mon coeur Ou bien le leur Celle qui attend Sur le port Celle des monuments Aux morts Celle qui danse Et qui en meurt Fille bitume Ou fille fleur Et c'est ma mère Ou la vôtre Une sorcière Comme les autres S'il vous plaît Soyez comme je vous ai Vous ai rêvé depuis longtemps Libre et fort comme le vent Libre aussi Regardez je suis ainsi Apprenez-moi n'ayez pas peur Pour moi je vous sais par coeur J'étais celle qui attend Mais je peux marcher devant J'étais la bûche et le feu L'incendie aussi je peux J'étais la déesse mère Mais je n'étais que poussière J'étais le sol sous vos pas Et je ne le savais pas Mais un jour la terre s'ouvre Et le volcan n'en peut plus Le sol se rompt On découvre des richesses inconnues La mer à son tour divague De violence inemployée Me voilà comme une vague Vous ne serez pas noyé Ce n'est que moi C'est elle ou moi Et c'est l'ancêtre Ou c'est l'enfant Celle qui cède Ou se défend C'est Gabrielle Ou bien Aïcha Fille d'amour Ou de combat C'est mon coeur Ou bien le leur Celle qui est Dans son printemps Celle que personne N'attend Et c'est la moche Ou c'est la belle Fille de brume Ou de plein ciel Et c'est ma mère Ou la vôtre Une sorcière Comme les autres S'il vous plaît Faites-vous léger Moi je ne peux plus bouger

Publiée par Laetitia Isambert sur Jeudi 20 juin 2019

Regardez-moi je suis vraie, je suis vivante, je respire, mon cœur bat,

Je me suis longtemps cachée derrière vous,

J’ai longtemps cru que ma survie dépendait de vous.

Poignardées dans le dos, bâillonnée, empêchées de parler, de s’exprimer, Femmes de savoir et de connaissances, une Sorcière comme les autres, nous avons été refoulées depuis des millénaires, des siècles et des décennies. Nous avons fini par nous effacer, ne plus parler. Pourtant cette Femme, cette Sorcière comme les autres, a traversé les siècles à travers chacune de nous.

Elle est là, muette, invisible mais pourtant bien visible pour qui veut la déceler. Que nous dit-elle ?

« Nous avons bâillonné notre pouvoir pour avancer dans une vie sur terre. Nous avons porté à travers les âges notre secret, notre savoir, nos innombrables connaissances.

Nous avons rencontré sur le chemin des âmes qui nous ont fait rejouer encore et encore le même scénario, celui de nous oublier pour continuer à exister. Nous avons été à nouveau poignardées dans le dos, à nouveau bâillonnées, à nouveau écrasées, mais nous avons continué, car nos âmes savaient qu’il fallait avancer encore et encore, à la rencontre de cette intériorité inconnue, cachée, oubliée, qui resurgit parfois, de temps à autre.

A travers toutes nos rencontres, toutes nos histoires, tous les passages, nous avons cherché à la retrouver, à la reconnecter. Pourtant, à chaque fois, elle est restée dans l’ombre, pétrie de douleurs et de peurs. Mais nous n’avons jamais renoncé à avancer. Nous avançons encore…

Aujourd’hui, nous avons le pouvoir de rencontrer à nouveau la Femme de savoir et de connaissances, la Sorcière comme les autres, que nous portons en nous depuis longtemps.

Aujourd’hui, les cœurs se réveillent, le cœur reprend sa place, retrouve son énergie et va puiser au bon endroit l’amour dont il a besoin. Aujourd’hui, les Femmes de savoirs et de connaissances, toutes les Sorcières comme les autres, se lèvent.

L’amour est bien là, en nous, et nous n’allons plus le gaspiller pour régler les histoires du passé.

Renonçons à maîtriser tout ce qui nous entoure, allons puiser au fond de nous, dans l’amour universel et inconditionnel notre nourriture, notre énergie, notre génie, notre savoir, nos connaissances.

Accueillons maintenant cette Femme, elle a fait le chemin à travers toutes les générations depuis si longtemps, à travers nos mères, nos grands-mères, nos aïeules…

Soyons la Femme qui Voit, la Femme qui transmet, la Femme qui soigne, la Femme qui guide, la Femme intègre et intégrale. La Femme qui sait où se nourrir, qui sait trouver les mots… Elle parle, elle hurle, elle jure, elle aime, elle rit, elle s’amuse, elle soutient, elle épaule, elle accompagne, elle manage, elle s’éclate, elle jouit, elle vibre, elle ne s’ennuie jamais, elle crée, elle invente, elle découvre, elle emmène avec elle, elle brille de l’intérieur, elle illumine, elle irradie, elle ne se renie plus, elle s’accepte telle qu’elle est, elle aime sa différence, elle s’assume, elle vit sur terre comme si c’était son dernier jour.

4 Commentaires sur “Une sorcière comme les autres*

  1. Richard Vachon says:

    Cette version de “Une sorcière comme les autres” était pour moi la plus belle que j’aie entendu. Savez-vous pourquoi elle n’est plus disponible et le nom des deux interprètes. J’aurais dû la sauvegardée.

  2. Isabelle says:

    En effet, l’interprétation était saisissante ! C’est pour cela que je l’avais choisie. Je ne saurais vous dire pourquoi elle n’est plus en ligne, mais une des interprètes est Laetitia Isambert.

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